Pourquoi l'intelligence économique est une chimère qui mord ?

Publié le Mercredi 14 Décembre 2011, 11:00 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 6614 fois. Version imprimable





Régulièrement je me dis que je devrais écrire des articles de fond sur le thème de l'intelligence économique plutôt que des billets renvoyant vers des articles trouvés ici et là. L'IE c'est en effet le moteur de mon activité sur ce blog, et même de mon activité tout court. Pourquoi est-ce que je n'y consacre pas plus de billets depuis 8 ans ? Peut-être parce que l’intelligence économique ne se paye pas de mots, ne se satisfait pas de généralités… Une fois qu'on a dit :
  • qu’elle a à peu près autant de définitions que d'auteurs,
  • qu'elle ne doit pas être confondue avec l'espionnage économique (malgré l'ambiguïté entretenue par nombre d'acteurs du secteur),
  • qu’elle regroupe des pratiques adaptables (pas toutes, pas n’importe comment) à tous types d’entités : PME, grandes entreprises, organisations non-gouvernementales, associations, régions, administrations,...
  • qu’elle recouvre plusieurs dimensions : management, veille, analyse, KM, protection et influence,... 
et bien que dire de plus ?

C'est qu'il faut alors entrer dans les détails, et là on ne parle plus d'intelligence économique mais de chacune des dimensions évoquées ci-dessus et l'on entre alors dans le domaines des spécialistes et des experts. C’est la raison pour laquelle il m'a semblé plus simple d'approcher le sujet par un livre regroupant des expertises. C’était tout simplement le seul support pouvant prétendre à un début d'exhaustivité et je dis bien un début car, du fait des contraintes éditoriales liées à la collection « Boîte à outils », Nicolas Moinet et moi-même avons dû renoncer à une bonne vingtaine d’« outils » (et nous aurions pu en lister bien d’autres).

L'intelligence économique est en train de devenir une discipline universitaire et c’est tant mieux. C’est sans doute par cette sensibilisation que l’on arrivera à lever l’ambiguïté sur ses pratiques et à donner une meilleure compréhension globale de ses objectifs. Le risque serait toutefois de lui faire subir un traitement trop académique, c'est-à-dire de la disséquer (comme nous l’avons fait dans le livre) sans prendre le temps de remettre en place les morceaux et d’en montrer la dynamique (comme nous avons tenté de le faire dans le livre).

La question centrale est classique, c’est celle de la relation du tout aux parties : soit on considère que l'IE ce n'est finalement que de la veille + du marketing stratégique + du lobbying +... et qu'on peut finalement traiter chaque partie indépendamment du tout. Soit l'on considère que la somme des parties est supérieure au tout. Le fait est qu'il n'y a pas une vérité sur la question mais des décisions en acte. Des décisions et donc des décideurs prêt à prendre des risques pour améliorer les performances de leur organisation, trouver de nouveaux leviers de différenciation d’avec la concurrence, innover,…
Le décideur qui décide que l'IE doit exister va donc :
  • tenter de mettre son organisation en intelligence avec son environnement (veille, influence)
  • faire en sorte qu’elle œuvre en bonne intelligence avec ses clients/usagers/partenaires et pourquoi pas, concurrents (coopétition, collaboration, benchmarking)
  • mettre en place les conditions d’émergence de l’intelligence collective en interne (knowledge management)
Résumons : l’intelligence économique c'est une volonté managériale en acte ou bien ça n'existe pas. Et donc, donnons raison à ceux qui disent que ce n’est qu’un assemblage d’éléments préexistants : un tête de lion, un corps de chèvre, une queue en tête de dragon, en un mot une chimère.
Ils ont raison mais oublient une chose : la Chimère, la vraie, a eu une action sur les hommes qui y ont cru. La crainte qu’elle engendrait les a amené à faire des choix : modifier leur route pour l’éviter ou mener des actions héroïques pour la tuer et se couvrir de gloire. A la différence de la Chimère, l’intelligence économique ne fait pas peur ne devrait pas faire peur. Elle partage toutefois un point commun avec elle : elle est un concept opératoire. Vouloir la mettre en œuvre ressort nécessairement d’un choix stratégique. Une fois « implantée » (attention ce n’est pas un projet avec début et fin mais une graine à enraciner) elle va nécessairement modifier les routes stratégiques à prendre et amener l’organisation à se mettre en ordre de bataille pour atteindre ses nouveaux objectifs. Elle est donc nécessairement le fruit d’une vision, individuelle ou collective, amenant à un choix initial qui tirera le reste. Comme tout projet humain un tant soit peu ambitieux, elle est une provocation du réel par l’imaginaire, du présent par le futur tel qu’on veut le voir advenir ; l’intendance suivra.

La chimère intelligence économique devient plus qu’un assemblage de morceaux dès lors qu’une volonté découlant d'une vision lui donne vie. C’est une chimère en prise sur le réel, une chimère qui mord.

Colloque sur l'expérience de la complexité les 22 et 23 novembre à Niort

Publié le Lundi 21 Novembre 2011, 08:41 dans Infos par Christophe Deschamps - Lu 3159 fois. Version imprimable


C'est aujourd'hui et demain que se tiendra à Niort un colloque sur la complexité au programme particulièrement riche (je vous laisse le découvrir par ici). Voici la présentation de ce colloque donnée par Stéphane Chauvin, l'un des organisateurs, sur son site.

" Le colloque sur la complexité organisé par le GREC-O avec le concours de R2C system et de ses partenaires, le soutien du Groupe La Poste, se déroulera à la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Niort le Mardi 22 Novembre 2011 (début 13h30) et Mercredi 23 Novembre 201 (fin programmée à 17H30).

Pourquoi un tel colloque ?


La complexité concerne toutes les activités humaines : elle se manifeste par les limites des capacités des acteurs à engager une action complète et efficace dans un environnement en perpétuel changement et hautement combinatoire. La notion de temps elle-même porte l'essentiel de la complexité : les systèmes évoluent et interagissent dans différentes échelles de temps, de l'individuel au global, et ces « temps » différents s’entrecroisent. L’occupation des espaces réels et virtuels augmentent drastiquement pour créer toute la diversité des écosystèmes sur laquelle sont fondées nos sociétés et les environnements.
Ce colloque est une occasion de faire parler des corps de métier et d’échanger sur leur vision de la complexité, de témoigner des espaces d’incertitude pour les acteurs et les non acteurs et des tentatives de maintenir une vision éclairée pour agir pour le « bien être ».

Les actes publiés accueilleront tout témoignage sur la vision de la complexité et sur les outils utilisés pour l'appréhender, dans les métiers du monde privé, associatif et public. Les aspects techniques, informatiques et mathématiques seront aussi à l’ordre du jour pour que cet événement contribue à reconnaître les pratiques performantes.

Fort de son expérience, le GREC-O, avec l'appui du RNSC (Réseau National des Systèmes Complexes), organisera des présentations et des tables rondes sur leurs travaux quant aux méthodes pour « étouffer » la complexité, les techniques de modélisation de fait d’expériences d’ordres sociologiques (politiques sociales et environnementales, le marketing, la « durabilité ») et d’ordres techniques (finance, industrie). On y discutera des frontières entre la « mesurabitilité » et la « non mesurabilité » et l’apport de la meta-vue dans les nouveaux raisonnements.

Un rendez-vous à ne pas manquer !

Prenez contact au : 05 49 28 34 87 ou info@r2c-system.com"

Publication de La boîte à outils de l'intelligence économique

Publié le Mardi 8 Novembre 2011, 11:20 dans Infos par Christophe Deschamps - Lu 5712 fois. Version imprimable

Bonjour à tous les fidèles lecteurs d'OF,

Oui je dis bonjour parce que (à une récente exception près) ce blog est tellement inactif depuis mai 2011, que c'est un minimum...
A ma décharge, il faut  dire que je n'ai pas chômé. En effet, Nicolas Moinet et moi-même avons décidé (pas tous seuls mais j'y viens) de nous lancer dans un nouveau livre. Il nous est apparu en effet qu'il manquait un ouvrage pratique qui aborderait l'ensemble des dimensions qui font l'intelligence économique. Plus précisément, un ouvrage qui, 15 ans après le Rapport Martre, tenterait de prendre la mesure de ce qu'il est possible de faire et comment, pour mettre une organisation en intelligence. Il n'aura pas échappé à mes lecteurs assidûs que l'ensemble de ma démarche est centrée autour de cette thématique aussi fuyante que multiforme. Je fais de nombreux détours mais mon objectif reste le même : quand je publie sur le management des connaissances et l'entreprise 2.0 en tentant d'en avoir une vision globale, c'est dans l'idée de mieux apréhender la manière dont l'information stratégique est créée, ou plus exactement co-créée, dans les organisations. Et lorsque j'attaque le même problème par le petit bout de la lorgnette en traitant de PKM c'est après m'être confronté aux besoins des veilleurs et analystes et afin de leur proposer des outils pouvant leur être utile au quotidien, tant pour s'organiser que pour collaborer.
C'est ambitieux et le nombre d'angles d'attaque autant que la diversité des thèmes à aborder est trop pour un seul homme et même pour deux. Ainsi, si Nicolas Moinet et moi-même avons rédigé plus de la moitié des 59 fiches de cette ouvrage, il  nous a semblé indispensable de faire appel à ceux qui connaissent en détail des sujets que nous n'aurions pu sinon que survoler (cf. ci-dessous). Qu'ils soient tous remerciés pour leur travail et leur disponibilité. 

Ainsi donc, vient de sortir chez Dunod La boîte à outils de l'intelligence économique :



Vous y trouverez abordés les sujets suivants répartis dans 6 rubriques thématiques :

Intégrer et orienter une démarche d'intelligence économique

  • Le schéma systémique. Hervé Daniel - Directeur du Centre Européen Entreprise et Innovation-Créat’IV
  • La séance de sensibilisation. Nicolas Moinet
  • La matrice d'intensité concurrentielle. Christian Marcon - Maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’université de Poitiers
  • La matrice SWOT. André Delaforge - Responsable marketing de Natural Security
  • L'audit informationnel. Monica Mallowan - Professeur adjoint en sciences  de l’information à l’université de Moncton
  • Le diagnostic des besoins informationnels. Corinne Dupin et Aref Jdey (Demainlaveille) - Consultants-formateurs chez Help Management
  • La cartographie des flux d'information - Nicolas Moinet
  • Le cycle du renseignement - Nicolas Moinet
  • L'approche "target centric" - Christophe Deschamps
  • La charte éthique - Nicolas Moinet
Surveiller son environnement pertinent

  • Le diagramme du veilleur. Thomas Olivier - Responsable intelligence économique à la MAIF
  • Les plans de renseignement et de recherche. François Jacobiak - Consultant-formateur
  • La typologie des sources d'information. Nicolas Moinet
  • Les sources humaines. Nicolas Moinet
  • Les moteurs de recherche. Christophe Deschamps
  • Google avancé. Christophe Deschamps
  • Les bases de données scientifiques et techniques. Christophe Deschamps
  • Le web invisible. Christophe Deschamps
  • Recherche nominative et détection d'experts. Christophe Deschamps
  • La surveillance du web. Christophe Deschamps
  • Les flux RSS. Christophe Deschamps
  • La e-réputation. Camille Alloing - Ingénieur R&D groupe La Poste (Caddereputation)
  • La plateforme intégrée de veille. Corinne Dupin et Aref Jdey - Consultants-formateurs chez Help Management
Traiter et analyser l'information stratégique
  • Le processus d'analyse. Philippe Darantière - Directeur des études à l'Institut Supérieur du Travail.
  • Les techniques de lecture rapide. Christophe Deschamps
  • Les biais cognitifs. Christophe Deschamps
  • La qualification des sources web. Camille Alloing - Ingénieur R&D groupe La Poste
  • Les moteurs de recherche avancés. Christophe Deschamps
  • L'analyse automatique des brevets. Henri Dou - Professeur d'université et directeur d'Atelis (ESCEM)
  • La méthode des 5 points. Nicolas Moinet
  • Les profils d'intentions et de capacités. Nicolas Moinet
  • L'analyse PESTEL. Christophe Deschamps
  • L'analyse réseau. Eric Boutin - Professeur des universités en sciences de l’information et de la communication à l’université du Sud Toulon-Var
  • La matrice des hypothèses comparées. Adrien Vincent - Responsable marketing SAS Chêne Vert
  • Le mind mapping. Christophe Deschamps
  • L'analyse Red Hat. Christophe Deschamps
Manager l'information et la connaissance
  • La revue de presse. Nicolas Moinet
  • La GED. Laurence Anouilh - Consultante veille et IE, société SERDA
  • Le benchmarking. Nicolas Moinet
  • La visite de salon. Jacqueline Sala - Rédactrice en chef de Veille Magazine
  • Le rapport d'étonnement. Nicolas Moinet
  • Les communautés de pratique. Amaury Grimand - Professeur des universités en sciences de gestion à l’IAE de Poitiers
  • Le modèle SECI de création du savoir. Pierre Fayard - Professeur des universités en sciences de gestion à l’IAE de Poitiers
  • Les réseaux sociaux d'entreprise. Christophe Deschamps
  • La Co-prospective. Dr Pierre Achard - Formation-Conseil-Coaching
  • La war-room. Jean-Jacques Cambay - Consultant-formateur en management de l’information et réflexion stratégique
Protéger son patrimoine immatériel
  • La sécurité du patrimoine informationnel. Arnaud Le Men - Consultant.
  • L'auto-analyse de sécurité. Olivier Chardavoine - officier de la Gendarmerie Nationale.
  • L'ingénierie sociale. Philippe Darantière - Directeur des études à l'Institut Supérieur du Travail.
  • Le social engineering via les réseaux sociaux. Terry Zimmer (Intelligences connectees) - Consultant en veille et e-réputation.
  • Le brevet. Pierre Breese - Président de Fidal Innovation
  • La protection des personnes-clés. Pascal Junghans - Professeur affilié à la Skema Business School
  • La GPEC. Laurence Thomas - Consultante coach et maître de conférences associée à l’IAE de Poitiers.
Influencer son environnement
  • La communication interne. Guilhem Armanet - Directeur adjoint de la Communication GrDF
  • Les relations presse. Pascal Junghans - Professeur affilié à la Skema Business School
  • La communication de crise. Philippe Darantière - Directeur des études à l'Institut Supérieur du Travail.
  • Le lobbying. Charles de Marcilly - Responsable du bureau de Bruxelles - Fondation Robert Schuman
  • Les échiquiers invisibles. Christian Harbulot - Directeur de l’École de Guerre Économique (ESLSCA)
  • La matrice DIA. Christophe Deschamps
Beau programme non ? Chaque outil est traité en 2 ou 4 pages, les formats 4 pages intégrant chacun une étude de cas. Pour découvrir quelques fiches :
Et si vous en voulez plus c'est par ici.

Bien sûr nous n'avons toujours pas fait le tour du sujet et de nombreux outils pourraient encore être traités. Il nous a semblé néanmoins que ceux proposées formaient un tout cohérent, ce qui est un bon début...

Le livre blanc de l'entreprise 2.0 en anglais

Publié le Mardi 25 Octobre 2011, 10:25 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 4178 fois. Version imprimable

Comme vous avez pu le constater, les publications sur Outils Froids sont (étaient) au point mort depuis mai dernier. Rassurez-vous, ce n'est pas l'envie qui manque à l'auteur, mais bel et bien le temps et la gestion des priorités. Un surplus d'occupation ces derniers mois, en grande partie dû à un projet de livre, trouvera sous peu sa conclusion, où plutôt son départ...

Toujours est-il que, ce qui est rare étant cher, je reprends mon clavier pour évoquer un projet qui me tient à coeur : "Le livre blanc sur l'entreprise 2.0". Ce document de 115 pages coordonné par Anthony Poncier (@aponcier sur Twitter), publié il y a 10 mois et fruit du travail d'une vingtaine d'auteurs, vient d'être traduit intégralement en anglais grâce au travail de la société Linguaspirit sous le titre : Enterprise 2.0, French touch. L'occasion de montrer que les froggies sont très loin d'être des suiveurs sur le sujet (mais vous le savez si vous lisez mon autre blog since ... 2009).
N'hésitez pas à relayer le message sur vos réseaux, encore plus s'ils sont anglophones :-)

Et merci Anthony pour ce travail de longue haleine :-)

Intervention lors de la conférence I-Expo consacrée aux réseaux sociaux d'entreprise et aux services d'information

Publié le Lundi 16 Mai 2011, 13:45 dans Infos par Christophe Deschamps - Lu 11891 fois. Version imprimable



J'interviendrai jeudi après-midi lors de la conférence pleinière I-Expo intitulée Réseaux sociaux : quels enjeux pour les services d'information dans les organisations.

J'y serai bien entouré, jugez vous-mêmes :

  • Bertrand Duperrin, Consultant dans la mise en place de nouveaux modes de création de valeur et processus collaboratifs, Nextmodernity
  • Alain Garnier, Président du groupe « Réseaux sociaux en entreprise » du GFII et PDG, Jamespot
  • Arnaud Rayrole, Dirigeant de Useo, spécialisée dans les projets de réseaux sociaux et d’entreprise 2.0
Pour information vous trouverez d'autres ressources sur ce thème dans ce billet : 28 ressources pour bien démarrer avec la veille collaborative

Une veille de qualité à partir d'outils gratuits est-elle possible? Et si oui, comment?

Publié le Dimanche 15 Mai 2011, 11:08 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 18067 fois. Version imprimable


 
Dans le billet qui restera sans doute le plus polémique et donc le plus utile de ce premier semestre pour les professionnels de la veille et de l'intelligence économique, Frédéric Martinet, le "veilleur intraitable" ;-) évoque plusieurs sujets sur lesquels je suis tout à fait d'accord avec lui (voir ici et dans les commentaires), et un avec lequel je ne le suis pas, et ce ne sera une surprise ni pour lui, ni pour vous. Il s'agit bien sûr de ce que l'on peut faire en terme de veille avec des outils gratuits ou peu coûteux. C'est un sujet que je souhaitais aborder depuis longtemps et je rebondis donc sur son billet pour cela.
 
De fait, depuis sept ans où je forme en moyenne entre 80 à 120 veilleurs par an (non-inclus les étudiants) tous secteurs d'activités confondus et autant dans le public que dans le privé, je pense pouvoir dire au doigt mouillé que 80% n'ont pas et n'auront pas à moyen terme, de budget pour investir dans des outils (logiciels, services en ligne) dépassant les 200 euros. On peut certes le regretter, mais vient un moment où il faut simplement faire de la realpolitik d'entreprise, ce qui veut dire faire au mieux avec ce que l'on a. 
 
Ayant moi-même débuté ma carrière de responsable de veille sans budget, j'ai dû très vite apprendre à faire avec les moyens du bord. Fût-un temps où C4U, Wordmapper (dans la version gratuite distribuée avec Veille Mag) et une base de données SQL Server mise en place par un développeur avec qui je m'entendais bien étaient mes meilleurs amis. C'est à la même période que j'ai commencé à écumer le web à la recherche d'outils et services gratuits ou peu chers qui me permettraient d'être plus efficace à tous les niveaux du cycle de la veille, et c'est un peu plus tard que j'ai créé Outils Froids afin de partager mes découvertes. Pas de surprises donc à ce que je considère que la veille n'est clairement pas une question de budget, et je croise tous les jours des veilleurs qui me le prouvent ; mais bien sûr j'en croise aussi qui n'y arrivent pas. Où est le problème? 
Généralement il est simple et se résume à une question de perception que l'on peut synthétiser en ces trois assertions :
  • si c'est gratuit, ce n'est pas important
  • si c'est gratuit ce n'est pas reconnu par ma hiérarchie (et donc ...)
  • si c'est gratuit je ne suis pas forcé de l'utiliser, à la différence d'un outil que l'on aurait payé cher et dont je serais finalement le servant, contraint et forcé...
... et de papilloner de logiciels en services, sans réussir à se fixer sur aucun et à développer ainsi une routine de travail à long terme.

Et pourtant c'est bien là que se trouve la différence : on ne peut faire une veille à partir d'outils gratuits qu'en choisissant les meilleurs et en s'y tenant. Parmi les qualités du veilleur, et plus spécifiquement celles du veilleur désargenté, j'ajouterai donc la ténacité.
 
Je n'hésite pas à dire non plus qu'on peut faire une veille de mauvaise qualité avec des outils coûteux (ce que Frédéric dit d'ailleurs et déplore dans sa réponse à Terry Zimmer que je vous invite à lire). L'un des biais potentiels des solutions payantes est de laisser croire que leur coût assure inévitablement la qualité de leurs résultats, mais surtout, que rien d'important ne peut se passer en dehors de leur champ d'action. Tout est sous contrôle en somme, et l'analogie des clés perdues et du réverbère a encore de beaux jours devant elle.... 
 
J'ai tendance à penser que ce sentiment de sécurité tiré de l'impression que l'outil est exhaustif est une faiblesse dans un métier où l'on doit nécessairement rester en alerte, à scruter en permanence ce qui pour nous fera signal faible. Tout comme j'ai tendance à penser que l'état d'insécurité dans lequel nous maintiennent les outils gratuits est un atout en ce sens qu'il nous pousse à ne pas nous arrêter aux résultats qu'ils nous proposent.
 
A l'heure où l'on apprend que Google n'indexe probablement pas plus de 0.004 % du web et alors que la minuscule portion de ce chiffre que représentent les résultats de nos requêtes est déjà, bien souvent, plus que nous ne pouvons traiter, il est temps de réaffirmer que le travail du veilleur ne repose pas tant sur les solutions techniques qu'il aura mises en oeuvre que sur la qualité des questions qu'il se pose (et pas seulement lui!) et des analyses qu'il tire de l'information qu'il collecte.

La veille stratégique n'a pas pour objectif de dresser des panoramas et des états de l'art mais d'aider à la prise de décision à plus ou moins court terme. En ce sens elle est nécessairement incomplétude et prise de risques. Faire croire en sa rationalisation grâce aux outils n'est que poudre aux yeux et sert avant tout à rassurer les Directions (surtout si ces outils coûtent cher).
 
A une époque je me demandais souvent ce que donnerait un challenge opposant outils de veille payants et gratuits sur une même thématique. En fait la réponse est simple : ce concours ne pourrait tout simplement pas avoir lieu car il faudrait pour cela que chaque veilleur dispose d'un clone dans l'équipe adverse. Les outils ne valent en effet que par la personnalité, les compétences, les connaissances et l'intuition des individus qui s'en servent.
 

3 nouveaux blogs thématiques dans l'Univers Outils Froids

Publié le Dimanche 24 Avril 2011, 11:10 dans Concepts par Christophe Deschamps - Lu 12525 fois. Version imprimable



Le 7 avril dernier je vous annonçais le lancement de l'Univers Outils Froids, un dispositif me permettant de mieux diffuser ma veille via des blogs thématiques et d'en classer les éléments. Après avoir bien travaillé ce week-end voici les 3 (enfin 2 et demi) nouveaux blogs thématiques auxquels vous pouvez dorénavant vous abonner :

  • Sources & contenus - Veille stratégique
  • Sources & contenus - Recherche sur internet
  • Le nouveau management de l'information - Entreprise 2.0 et Réseaux sociaux d'entreprise (RSE) j'ai en effet trouvé plus pertinent de diffuser ma veille sur l'entreprise 2.0 sur le blog de mon livre qui y est consacré plutôt que de créer un nouveau blog.

  • J'ai également mis en ligne le blog central de ce projet qui s'intitule tout simplement Univers Outils Froids et qui a pour vocation de centraliser toute l'information diffusée sur les autres blogs du projet. Il est toutefois en phase test et ne fonctionne pas encore parfaitement.
     
    Par ailleurs, et du fait d'une contrainte technique non-envisagée initialement, le blog consacré à l'intelligence économique, que j'avais présenté comme pilote dans mon dernier billet, à changé d'adresse.
    Vous le trouverez ici : Sources & contenus - Intelligence économique

    Pour mémoire et parce que le billet du 7 avril n'était peut-être pas suffisamment clair, voici un rappel sur les objectifs de ce projet :

    POURQUOI ?

    Les blogs de l'Univers Outils Froids ont pour objectif de permettre la diffusion et la capitalisation d'éléments issus de ma veille quotidienne et qui m'ont parus dignes d'intérêt.
    C'est la continuation par un moyen plus adapté, de l'effort de partage réalisé sur Outils Froids depuis plusieurs années. Les blogs de cet univers ont vocation à remplacer graduellement les Icebergs d'Outils Froids, devenus trop indigestes.
    Cet univers de blogs n'a pas vocation à remplacer Outils Froids, qui est le blog sur lequel je continuerai à diffuser des tests détaillés de logiciels ou  de services en ligne, des articles de fond sur les métiers de la veille et de l'intelligence économique, etc (plus d'infos sur le thématiques abordées sur Outils Froids)

    COMMENT ?
    Les billets publiés le sont automatiquement grâce à la fonction "RSS to blog" native de la plateforme Viabloga
    Les flux RSS sont issus du compte Diigo qui me sert à stocker les éléments découverts durant ma veille.

    Un moteur (colonne de droite des blogs de l'Univers) permet de rechercher dans les billets de blogs en plein-texte. Un second moteur positionné juste sous le premier et réalisé avec Google CSE permet de rechercher dans tout les contenus des blogs de l'Univers Outils Froids.

    Chacun de ces blogs dispose d'un flux RSS sous Feedburner et de sa propre newsletter automatique (colonne de gauche).

    Les billets sont généralement classés selon les catégories suivantes :
    • Sources 
    • Contenus 
      • articles de presse
      • article scientifique
      • billets de blogs
      • listes
      • ...
    • Outils :
      • logiciels
      • service en ligne (SaaS)
    • Thématiques :
      • veille collaborative
      • knowledge management
      • influence
      • social engineering
      • réseaux sociaux d'entreprise
      • ...
    D'autres catégories peuvent apparaître en fonction des spécificités propres à la thématique du blog.

    Les blogs à venir sont :
    • Analyse de l'information issue de la veille
    • PKM
    • Influence
    • ...

    Ma présentation sur le "social search" pour l'URFIST de Rennes

    Publié le Dimanche 17 Avril 2011, 12:52 dans Infos par Christophe Deschamps - Lu 9352 fois. Version imprimable

    -

    J'ai eu le plaisir d'intervenir toute la journée du 31 mars dernier à l'URFIST de Rennes (leur site web est une mine) sur le thème du "social search", ou recherche sociale d'information. Vous trouverez ci-dessous la présentation en question au format powerpoint.
    La mise en page n'est pas parfaite car c'est un export de Mindmanager, que j'utilise pour faire mes présentations plutôt que PPT, mais l'essentiel y est ... en 226 slides ;-)

    Pour les plus pressés la synthèse débute en page 211.

    Si la présentation n'apparaît pas ci-dessous, cliquez sur le lien :
    La recherche sociale d'information Flash Vars" value="document_id=53242308&access_key=key-ctg8a7gk7ql3ru24sbb&page=1&viewMode=list">

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